Relâchement et fluidité : le secret des arts martiaux

Article initialement posté sur le site internet www.cerclesilatdefense.com

“La douceur est la plénitude de la force”, Père Joseph Gratry

Dans les premières années de ma pratique martiale, au début des années 1990, j’avais tendance, comme je pense beaucoup de débutants, à mettre de la force dans mes techniques, jugeant que cette force était source d’efficacité. J’étais alors adolescent et avec la fougue de ma jeunesse, je cherchais à travers les entraînements à extérioriser l’énergie que j’avais en moi. La vivacité que j’avais me rassurait dans ce mode de pratique, et comme j’étais endurant musculairement et que je disposais d’un bon cardio, je parvenais à tenir des entraînements exigeants, et je finissais exténué. Je constatais pourtant que les “anciens” avaient une approche plus fluide, plus souple, plus relâchée. Mais je me réconfortais dans mon approche en pensant qu’ils cherchaient à s’économiser du fait de leur manque d’endurance et de leur âge. Pour ma part, malgré les conseils répétés de mes professeurs de travailler moins en force, je restais convaincu que je progresserais plus vite en continuant à travailler à ma manière.

La fluidité, principe universel de vitalité et d’efficacité :

Afin de sortir de tout dogmatisme ou parti-pris théorique, voici trois exemples qui témoignent que la fluidité est un principe universel qui régit le bon fonctionnement de l’ordre naturel et de sa vitalité.

Qu’est ce ce que cela nous enseigne ?

Fluidité corporelle et fluidité mentale :

Comment développer ces compétences pour le combat ?

Il est difficile d’expliquer par écrit comment développer ces facultés tant elles sont basées sur le ressenti. L’un des principes clés est de n’avoir aucune contraction musculaire qui puisse freiner notre action et rompre la synergie des segments du corps. J’invite ceux qui s’intéressent au sujet à visionner deux vidéos que j’ai réalisées sur des exercices à travailler seul chez soi pour développer progressivement ces facultés. Bien que ces vidéos ne présentent qu’une palette restreinte des exercices que je travaille pour développer ces aptitudes, elles sont suffisantes pour appréhender les principes de fond :

  • Pour le travail des frappes du haut du corps, il est essentiel de maintenir les épaules basses : la détente des épaules permet de communiquer la force du corps aux bras. Le seul problème est de conserver cette détente même s’il y a une force à produire au niveau d’un bras. Il existe quelques exercices pour travailler ce volet et j’en ai trouvé intéressant en Systema, qui consiste à courir pendant un minimum de 20 minutes en maintenant les bras en l’air. Cela est si douloureux qu’on est obligé de se détendre et de respirer pour relâcher les épaules et le corps, tout en maintenant une juste tension pour maintenir les bras au-dessus du corps et continuer à courir. D’une façon globale, les frappes doivent se faire dans la relaxation pour pénétrer en profondeur.
  • Pour le travail au sol et les changements de niveau, je préconise ce que l’on appelle aujourd’hui les “animal flows” et les “mouvements primitifs”. Ces exercices permettent de développer la force ondulatoire et organique dans la fluidité et l’écoute du corps. Certains combattants de MMA comme Conor McGregor, ont mis ce travail au coeur de leur entraînement avec le succès que l’on connaît. J’invite ceux qui s’y intéressent à regarder les exercices proposés par Ido Portal ainsi que la Ginastica Natural.
  • Bien entendu, l’ensemble de ces exercices s’associent à un travail respiratoire continu, qui s’inscrit dans la dynamique du mouvement et de la détente nécessaire qui y est associé. Tout blocage respiratoire reflète une tension inutile qui signifie qu’ il est nécessaire de continuer à travailler.

Cercle Silat Défense : Self Défense — Penchak Silat

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